Destruction des termites en Haute Loire

Destruction des termites en Haute Loire

Extrait d’un rapport d’information du Sénat

A. UNE DÉTECTION DIFFICILE

La termitière étant située dans le sol, il est évident que la présence de ces insectes devra être décelable dans les niveaux inférieurs des constructions plutôt que dans les charpentes. Le nid situé sous la terre est très difficile, voire impossible à localiser et ce n’est que très rarement que les professionnels de la lutte anti-termites ont réussi à découvrir un nid de termites de Saintonge. En outre, le termite étant lucifuge et redoutant toute exposition à l’air, qui entraînerait son dessèchement, il circule et travaille toujours à couvert, ce qui accentue les difficultés de détection.

Bois attaqué par des termites

Les indices permettant d’identifier la présence des termites : 

Outre l’essaimage qui est rare en milieu urbain, leur présence peut donc être décelée :
par les cordonnets, généralement verticaux, à rechercher notamment dans les sous-sols où le matériau de construction est brut. Dans les étages, lorsque celui-ci est dur, le termite préférera circuler dans les plâtres lorsqu’il y en a.
De la même façon, il est capable de construire de véritables ouvrages tels que ponts, stalactites ou stalagmites pour atteindre l’aliment convoité ;
– dans le bois, par sondage avec un outil pointu, notamment dans les huisseries, les plinthes, les encastrements de pièces de bois dans les murs. Dans le bois, il creuse, tout en respectant une pellicule de surface, des lacunes, plus que des galerie étroites, toujours vides de vermoulure, il se nourrit également du bois de printemps respectant le bois dit d’été assurant ainsi la solidité de ses voies de circulation, ce qui donne aux boiseries affectées un aspect feuilleté caractéristique. Tant dans les matériaux traversés que dans les bois, le termite tapisse les parois de son cheminement d’un ciment identique à celui utilisé pour la construction des cordonnets.
Cette présence de ciment sur les parois des galeries constitue un élément de diagnostic important, car elle permet de distinguer les dégâts de ceux occasionnés par les fourmis. Les Hyménoptères, en effet, creusent dans les bois des lacunes identiques vides de vermoulure, mais aux parois parfaitement nettes ;
– par des petits trous de 2 mm environ, noirs, visibles sur les plâtres de plafonds ou des murs lorsqu’ils ne sont pas tapissés, qui constituent des cheminées d’aération.

B. L’EFFICACITÉ DES INSTRUMENTS DE LUTTE CONTRE LES TERMITES

• Les traitements préventifs

La lutte contre les termites doit s’inspirer des particularités de sa biologie.
Il faut, dans un premier temps, agir sur les facteurs qui sont à l’origine de l’infestation, c’est-à-dire :
– supprimer toutes les infiltrations d’eau dues aux fenêtres non étanches, joints de canalisation desséchés, robinets fuyants, humidité de certains dessous d’évier ou remontée dans les murs par capillarité, etc. Le fait de rétablir les conditions hydriques normales prive le termite d’approvisionnement en eau dans la maison. Il peut néanmoins en trouver encore dans le sol ;
– éliminer tous les débris divers qui peuvent constituer des voies d’accès et d’approvisionnement en matière cellulosique, tas de bois de chauffage, vieux meubles, cartons et livres rangés dans les caves, lierre sur les murs extérieurs…
Le termite trouvera ainsi beaucoup moins d’aliments et donc d’intérêt à venir dans une maison.

• Les traitements curatifs

Les termites sont présents dans toutes les parties du monde situées des régions tempérées aux régions tropicales et équatoriales, occupant environ 70 % des terres émergées.
C’est de loin dans les régions des forêts tropicales de l’Afrique, de l’Amérique centrale et du Sud et de l’Extrême-Orient qu’ils sont les plus récents. Mais on peut les trouver dans des zones où le climat est plus froid et plus sec comme les Etats Unis, le Japon, l’Australie, l’Afrique du Sud, les pays du Sud de l’Europe et même dans les zones semi-désertiques comme les pays du Golfe.
Enfin, ils sont présents à l’état endémique dans les zones urbaines de régions climatiques où ils ne pourraient pas vivre en conditions naturelles, comme par exemple certaines villes du Canada, Hambourg et même New-York ou Paris. Cette colonisation assez récente a été rendue possible par le fait que les zones urbaines leur procurent un environnement artificiel favorable grâce aux installations de chauffage.
C’est évidemment dans les zones urbanisées des pays les plus développés que les termites ont provoqué les dégâts les plus importants aux constructions, entraînant le développement d’une industrie structurée de la lutte anti-termites.
La répartition du marché mondial des produits anti-termites (de l’ordre de 20 milliards de francs) reflète, sinon l’importance des dégâts dus aux termites, du moins l’ampleur des moyens mis en oeuvre pour lutter contre eux.
Suivant ce critère, les Etats-Unis représentent près de 45 % du marché mondial, suivis du Japon avec près de 20 %. Viennent ensuite la Chine, le Sud-Est asiatique, l’Inde, le Moyen-Orient et l’Australie.
La France ne représente qu’à peine plus de 1 % de ce marché.

Il existe une grande diversité dans les techniques de lutte anti-termites dans le monde : injection dans le sol d’insecticides au Moyen-Orient, pulvérisation de produits en Chine et dans le Sud-Est Asiatique, utilisation d’appâts, mise au point de barrières physiques en Australie et traitement au sol aux Etats-Unis.
Si l’on compare ces techniques avec celles qui sont utilisées en France, on constate que la méthode française est sans doute celle qui va le plus loin dans le recours à la barrière chimique. En particulier, la France est le seul pays où les termites souterrains ont trois barrières à franchir pour parvenir à leur objectif ultime, à savoir la charpente en bois : une barrière sol, une barrière murs, et une barrière bois.
En particulier le traitement des murs est une spécificité uniquement française. Cela explique que la France a dû mettre au point une méthode originale d’évaluation des produits destinés au traitement des murs.
On peut cependant noter qu’il n’existe pas actuellement ici de méthode pour tester des produits anti-termites en durée réelle dans les conditions de la pratique (essais de champ). La certification repose uniquement sur des essais d’efficacité biologique en laboratoire, et c’est peut-être une lacune qu’il serait souhaitable de combler, car dans tous les autres pays les essais de laboratoire ne servent qu’à préciser les doses à utiliser ultérieurement dans les essais de champ.
En ce qui concerne les termiticides utilisés, la France se distingue aussi par l’emploi de produits qui ne sont commercialisés nulle part ailleurs dans le monde.
Le retrait de l’Aldrine du marché en 1994 a été l’événement marquant des dernières années. Il faut espérer que la technique d’application plus radicale utilisée en France permettra de gommer la principale conséquence notée dans les 3 ou 4 ans suivant le retrait de organochlorés dans le reste du monde, à savoir la réduction de la durée d’efficacité du traitement. Si ce même phénomène est constaté en France dans les années qui viennent, alors la meilleure parade pour la profession des applicateurs sera, à l’exemple des Etats Unis, la mise en place de contrats d’entretien de la barrière chimique.
Enfin, le succès de l’introduction des méthodes alternatives comme les barrières physico-chimiques et les appâts plus respectueux de l’environnement pourrait apporter des changements assez radicaux dans la politique de lutte contre les termites.

Dégats sur huisserie

Dégats sur huisserie

Ouvriers au travail

2018-02-14T11:13:34+00:00